Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme s’est engagé à mobiliser environ 250 millions de dollars américains — soit plus de 137 milliards de FCFA — au profit du Burkina Faso pour la période 2024-2026. Cet engagement massif, annoncé en septembre 2025 à Ouagadougou, constitue un signal fort à l’approche du FONAFIS 2026.
Un financement structurant pour le secteur de la santé
L’annonce a été faite le 8 septembre 2025 lors d’une rencontre entre Maria Kirova, responsable pays du Fonds mondial, et le Dr Aboubakar Nacanabo, Ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso. Cette enveloppe financière servira à renforcer la lutte contre les trois pandémies majeures — sida, tuberculose et paludisme — tout en contribuant à la modernisation des infrastructures sanitaires du pays.
Le paludisme reste un défi majeur au Burkina Faso, représentant 43 % des consultations et ayant causé plus de 16 000 décès en 2023 selon l’OMS. Les attaques terroristes ont par ailleurs mis hors service 413 structures de santé, privant 3,8 millions de personnes d’accès aux soins.
Un effort national soutenu par des réformes ambitieuses
Le Burkina Faso consacre actuellement 12 % de son budget national à la santé et près de 40 % aux investissements sociaux. Toutefois, plus d’un quart du financement du secteur de la santé (26,4 % en moyenne annuelle) dépend encore des fonds extérieurs, et les ménages assument 34 % des frais médicaux — bien au-delà de la norme maximale de 20 % recommandée par l’OMS.
C’est dans ce contexte que le gouvernement a lancé le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU), dont les prestations ont débuté le 1er février 2026. Les premiers retours du terrain sont encourageants : des patients rapportent une prise en charge de 70 % de leurs frais médicaux grâce au régime.
Un enjeu central du FONAFIS 2026
La mobilisation des ressources domestiques et l’alignement de l’aide internationale avec les mécanismes nationaux de financement figurent au cœur de l’agenda du FONAFIS 2026. Le Forum National sur le Financement de la Santé, prévu du 25 au 27 mars 2026 à Ouagadougou, réunira plus de 400 participants — ministres, experts, partenaires techniques et financiers — autour d’un objectif commun : bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable.
L’engagement du Fonds mondial illustre la confiance des partenaires internationaux dans la dynamique de réforme engagée par le Burkina Faso. Comme l’a souligné Maria Kirova, il est essentiel d’« aligner cette aide avec les mécanismes de financement nationaux et de renforcer les ressources domestiques pour le secteur de la santé ».
Chiffres clés
- 250 M USD — Engagement du Fonds mondial (2024-2026)
- 137 Mds FCFA — Équivalent en francs CFA
- 12 % — Part du budget national consacrée à la santé
- 26,4 % — Part du financement sanitaire provenant de l’extérieur
- 413 — Structures de santé hors service à cause de l’insécurité
- 3,8 M — Personnes privées d’accès aux soins
Perspectives : vers une souveraineté sanitaire
Le FONAFIS 2026 ambitionne de produire une Feuille de route opérationnelle et un Compact-Santé engageant l’ensemble des parties prenantes. Les 27 sessions techniques aborderont des thématiques structurantes : mobilisation des ressources domestiques, réduction de la fragmentation, achat stratégique des services, équité dans l’accès aux soins et production pharmaceutique locale.
L’appui du Fonds mondial, combiné aux réformes en cours comme le RAMU et l’initiative présidentielle pour la santé lancée en 2024, dessine les contours d’une véritable souveraineté sanitaire — objectif central du forum et ambition partagée par le Burkina Faso et ses partenaires.