Réformes

Le RAMU franchit le cap des 400 000 assujettis

Après deux mois d'opérationnalisation, le Régime d'Assurance Maladie Universelle affiche des résultats encourageants avec plus de 400 000 personnes désormais assujetties.
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Lancé officiellement le 1er février 2026, le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) du Burkina Faso affiche, après deux mois d’opérationnalisation, des résultats encourageants : le cap des 400 000 assujettis a été franchi, confirmant l’adhésion progressive de la population à cette réforme historique de protection sociale.

Un lancement réussi dans deux régions pilotes

Les premières prestations de soins du RAMU ont débuté dans les régions du Kadiogo et du Guiriko, après une phase d’immatriculation lancée dès fin novembre 2025 auprès des fonctionnaires de l’État. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie Universelle (CNAMU), pilotée par son Directeur général Soumaïla Gamsonré, assure l’opérationnalisation du régime aux côtés de la Caisse d’Assurance Maladie des Armées (CAMA).

Le jour même du lancement, le Ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, et le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, avaient effectué une tournée dans plusieurs formations sanitaires de Ouagadougou — du CHU Yalgado Ouédraogo au CHU de Bogodogo en passant par le Centre médical urbain du secteur 19 — pour constater l’effectivité des prestations.

Une réduction concrète du coût des soins

Le RAMU couvre 70 % des frais de soins pour les assujettis, réduisant considérablement la charge financière des ménages. Les premiers retours du terrain sont probants : lors de visites de suivi effectuées dèbut février par la CNAMU dans les centres hospitaliers de la capitale, des patients ont témoigné de réductions significatives de leurs dépenses. Le panier de soins comprend les consultations, les examens cliniques et biologiques, les interventions chirurgicales, les hospitalisations, le suivi de grossesse et d’accouchement, la radiologie, la kinésithérapie et même la médecine traditionnelle agréée.

Un défi national majeur

Cette réforme répond à un enjeu de taille : moins de 10 % des Burkinabè disposaient jusqu’ici d’une couverture maladie, et les ménages assumaient directement près de 44 % des dépenses de santé, soit plus du double de la norme recommandée par l’OMS. Le financement du RAMU repose sur des cotisations adaptées aux capacités des assurés : 5 % du salaire brut pour les salariés (partagé à parts égales entre employeur et employé), 15 000 FCFA par mois pour les travailleurs indépendants du secteur formel, et 4 000 FCFA pour ceux du secteur informel. L’État prend en charge la cotisation des personnes indigentes.

Le FONAFIS, vitrine de la réforme

Le bilan des premiers mois du RAMU sera au cœur du FONAFIS 2026, le Forum National sur le Financement de la Santé qui se tiendra du 25 au 27 mars à Ouagadougou. Plusieurs sessions seront consacrées au RAMU, notamment la session S20, dédiée à la protection des Burkinabè contre les dépenses de santé catastrophiques, au cours de laquelle le Directeur général de la CNAMU présentera un bilan détaillé : indicateurs de performance, écarts par rapport aux prévisions, dysfonctionnements identifiés et ajustements prioritaires.

Le RAMU représente un pilier central de la vision portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, pour une souveraineté sanitaire fondée sur un système de santé financé par les Burkinabè pour les Burkinabè.

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